Représentation d'une image montrant le soleil entouré de planétes

Deux hommes contrent l’église

Copernic et Galilée voulurent faire admettre que La Terre tournait autour du Soleil, mais peu de gens les ont crus. L’héliocentrisme, voici le nom qui a été donné à cette découverte. De nos jours, ça nous paraît logique et normal, mais ce ne fut pas toujours le cas.

Le développeur de l’héliocentrisme

Nicolas Copernic est né le 19 février 1473 à Torun en Pologne. Cet homme courageux, voyageur, curieux de tout et sans jugement a dix ans quand son père meurt. Il est confié à son oncle, un évêque. Tout d’abord, Copernic étudie la littérature, les mathématiques, l’astrologie, l’astronomie et la médecine à l’université de Wroclaw, ensuite, il va à l’université jagellonne de Cracovie. C’est dans cette école qu’ira aussi Stanislaw Lem, un écrivain dont j’ai parlé dans un autre article. Vous pourrez le retrouver en suivant ce lien : https://histoiresetcompagnie.fr/stanislaw-lem-contre-le-collectivisme. Revenons cependant à notre premier héros du jour. Nicolas, se plongera dans la géographie et dans les sciences. Quelque temps, plus tard, il partira en Italie ou il séjournera à Bologne, Rome, Padoue puis à Ferrare. Dans cette dernière ville, il apprendra le droit canonique.

Confrontations et observations

En 1503, il revient en Pologne. Là, il prévoira, un mois avant tous ses confrères astronomes la conjonction de Jupiter et Saturne. Son oncle, l’évêque de la Varmie recherche un secrétaire et conseiller, il propose l’emploi à Copernic qui acceptera.

Lors d’une éclipse de lune en 1511, l’homme commandera à Cracovie une série d’observations. Il les confrontera aux siennes réalisées quelque temps auparavant à Lidzbark Warminski, une ville située au nord de la Pologne. Grâce à toutes ses observations, il parvient à calculer la distance entre cette dernière et Cracovie. Ces études de médecine lui permettront de devenir le médecin attitré de toute la contré ainsi que chanoine. Cet homme défend avec succès le siège du château de Lidzbark contre sept mille chevaliers ennemis, de plus, il aidera à la reconstruction de la région. Copernic s’installera dans la tour d’enceinte de la cathédrale de Frombork. Là, il se dévouera auprès des riches et des pauvres, mais cela nuira à sa santé. De puis cette construction, il observera les étoiles à l’aide d’un astrolabe en bois.

Pendant deux ans, il recevra un jeune mathématicien allemand, Réthicus. Cet homme lit « Les révolutions des sphères célestes » qu’il fera publier en 1543 à Nuremberg un an avant la mort de Copernic. Ce dernier craignait les foudres de l’église, il avait raison. En effet, soixante ans après son décès, le pape condamne ses idées comme contraire aux écritures.

Représentation d'une photo d'une statue de Copernic.
Statue de Copernic

La relève

Même si l’évêque universel réfute les études de Copernic, il y a toujours des hommes qui préfèrent le suivre plutôt que de marcher dans les pas de Ptolémée. C’est le cas de Galileo Galilei, plus connu sous le nom de Galilée. Cet homme est né à Pise en 1864 dans une famille florentine cultivée. Seul, ou presque, il étudie les mathématiques, c’est un génie universel.

En 1589, il a vingt cent ans et devient professeur de maths à l’université de Padoue, en Italie. Galilée est le fondateur de la méthode expérimentale. Ce dispositif combine le résonnement par intuition et la pratique mathématique. Elle deviendra la conception universellement utilisée encore aujourd’hui.

En 1602, de par le plan incliné, il fixe les lois de la chute des corps et trente-six ans plus tard, en 1638, Galilée établira le mouvement parabolique des projectiles dans le vide. Cette expérience à permis d’analyser les sons en étudiant les cordes vibrantes et la résonance. Ses cours mécaniques ont un succès considérable. Il est le premier à employer les thermomètres à liquide et établie les vases communiquant ce qui lui permettra d’imaginer les balances hydrostatiques.

L’année, 1612 est marquée par la construction du premier microscope que Galilée améliora et qu’il proposera au doge de Venise à des fins militaires. Cependant, il réalise qu’il peut l’utiliser pour observer les astres, ce qu’il fit. Ainsi, il constatera la présence de taches obscures sur La Lune, ce sont des ombres qui indiquent un relief lunaire. Cela va à l’encontre de ce que Ptolémée avait dit en assurant que La Lune était parfaitement ronde et sans imperfections. Il découvrira aussi les satellites de Jupiter ainsi que des astres médicéens, un nom donné en l’honneur de la famille de Cosme de Médicis, son protecteur.

Confirmations et fautes

Toutes ces découvertes confirmeront les hypothèses de Copernic et permettront aussi de vérifier ses conclusions mathématiques. Galilée continuera à observer l’anneau de Saturne, les taches, la rotation du soleil sur son axe et les faces de Venus. Par la suite, il sera invité à une fête organisée par son protecteur qui voulait le combler de faveurs cependant, il est dénoncé auprès du saint-siège par de nombreux envieux.

La faute de l’homme et d’avoir enseigné à ses étudiants les doctrines de Copernic agrées par le Pape Paul III. Cependant, la plupart des érudits d’Europe les avaient rejetés en faveur de Ptolémée. Cette erreur mènera à une interdiction d’enseigné le système de Copernic pour Galilée. Cette syntaxe était étiquetée par les juges de Rome comme absurde et hérétique. L’homme décidera donc de retourner à Florence pour continuer à travailler.

En 1632, il publiera son « dialogue sur les deux principaux systèmes du monde« , ce sera un vrai succès, mais qui lui vaudra d’être condamné. Maintenant, il est obligé de se retirer dans sa villa d’Arcetri, un quartier de l’Oltrarno situé dans les petites collines au sud de Florence. Là, sous la surveillance de l’inquisition, il peut continuer de travailler, mais ne peut rien éditer. Or, en 1638, il arrive à faire publier ses « discours et démonstrations concernant deux nouvelles sciences« . C’est une synthèse de son œuvre. Ses découvertes seront reprises dans le reste de l’Europe.

Représentation d'une statue de Galilée
Statue de Galilée

L’héliocentrisme

Copernic a jeté un caillou dans la mare avec son hypothèse sur Le Soleil. En effet, il serait au centre de l’univers. Galilée a validé ce principe ce qui lui a attiré les foudres de l’église. Mais qu’est-ce que c’est exactement l’héliocentrisme ? C’est ce que nous allons voir.

Dans les conceptions modernes, Le Soleil n’est pas le centre de l’univers. En effet, c’est un point fixe autour duquel s’organise le système. Cette hypothèse est validée pour décrire le système solaire. Bien que cette découverte a vraiment pris son essor avec Copernic, Aristarque de Samos en avait déjà parlé en -280 avant notre ère.

Lors de la controverse ptoléméo copernicienne, l’héliocentrisme est opposé au géocentrisme. Une représentation du monde dans laquelle La Terre se trouve au centre de l’univers. Cela se passe entre la fin du seizième et le début du dix-huitième siècle. L’héliocentrisme fut l’objet d’interdits religieux en 1616.

Cependant à partir du dix-septième siècle, la parallaxe héliocentrique devient progressivement la représentation du monde. Elle est tout particulièrement adopter en Occident. Au début du dix-huitième, les travaux de Newton sont confirmés par des observations. Ainsi, les phénomènes astronomiques étudiés sont expliqués.

Les écrits d’un frère

Dans les écrits du moine Giordano Bruno, l’idée que Le Soleil ne soit que le centre du système solaire alors que l’Univers en soit dépourvu apparaît. Cette ébauche est approuvée par la cosmologie pour deux raisons. Premièrement Le Soleil lui-même est en rotation par rapport au centre galactique et les galaxies elles-mêmes soient en mouvement. Deuxièmement, la cosmologie moderne considère que Le Cosmos ne peut admettre de centre ni même de point privilégié.

Néanmoins, l’héliocentrisme a permis d’engendrer d’une part une représentation du système solaire qui constitue une excellente approximation, d’autre part, une figure du monde qui retire à l’Homme sa place centrale dans l’Univers. C’est en quelque sorte, d’après Sigmund Freud, la première humiliation infligée par la science au narcissisme humain.

Représentation d'une image montrant le système héliocentrique.
Représentation du système héliocentrique. Source : https://www.schoolmouv.fr/

Ouvrages et travaux

La première mention connue de l’héliocentrisme se trouve dans des textes védiques datant des neuvièmes et huitièmes siècles avant Jésus-Christ. De plus, au cinquième siècle avant notre ère Philolaos de Crotone, un penseur grec est le premier à affirmer que La Terre n’est pas au centre de l’Univers. Cette version a été confirmée par Aristarque de Samos après avoir évalué le diamètre du Soleil. En effet, la largeur de l’astre étant bien plus important que celui de La Terre, les autres planètes doivent tourner autour de lui. Cette théorie n’est connue que par les critiques qu’Archimède a faite. Cependant, l’hypothèse héliocentrique fut rejetée par la majorité des scientifiques de l’Antiquité.

Deux astronomes indiens, Aryubhata et Bashkara II ont développé respectivement au cinquième siècle avant Jésus-Christ et au douzième siècle de notre ère des modèles héliocentriques de l’Univers. En effet, dans son ouvrage, le premier, propose une formule La Terre tourne autour de son axe et autour d’un Soleil stationnaire. Il découvre également que La Lune et les planètes réfléchissent la lumière du soleil. De plus, leur orbite autour de l’étoile est épileptique. ce qui lui permet de prévoir avec précision les éclipses de Soleil et de Lune.

Au douzième siècle, Bashkara publie « Siddhanta-Shiromani« , un traité d’astronomie dans lequel il approfondit les travaux d’Aryubhata. La loi de gravité y est mentionnée et sa découverte sur la vitesse de révolution des planètes aussi. En effet, elle n’est pas uniforme. Un siècle plus tard, les travaux du premier ont été traduits en arabe et en latin. Il n’est donc pas exclu que ces études aient influencées Copernic.

Plusieurs siècles plus tard

Nicolas de Cues, un théologien affirme que la taille de l’univers n’est pas finie et que La Terre est un astre en mouvement de même nature que ceux que l’on voit dans le ciel. Il se base sur des arguments théologiques. En 1510, Léonard de Vinci, écrit dans son « Codex Leicester » que la lumière cendrée de la lune est due à la réverbération de La Terre. Il émet une hypothèse, celle que la planète est un astre de même nature que La Lune.

De par les travaux de James Bradley paru en 1727, on découvre la première preuve expérimentale du mouvement de la planète bleue autour du soleil. Plus tard, précisément, en 1838, on peut voir arriver la mesure de la parallaxe d’une étoile. Ce sera l’allemand Friedrich Wilhelm Bessel, un astronome qui la publiera. Enfin, durant l’année 1851, Léon Foucault confirme expérimentalement le mouvement de rotation de La Terre grâce à son expérience du pendule de Foucault.

Représentation d'une photo du pendule de Foucault prise au panthéon de Paris.
Le pendule de Foucault. Panthéon de Paris. Source : Dream30. https://www.fotocommunity.fr

Un long combat

On a pu voir que ce fut une longue bataille avant que l’église et l’Homme accepte l’héliocentrisme. Pendant plusieurs siècles, des astronomes, mathématiciens et autres philosophes, ont étudier l’Univers afin d’en découvrir tous les fondements. Cependant, il est tellement immense que l’on ne sera probablement jamais tout sur lui. Or, bien que la parallaxe héliocentrique nous a permis d’en apprendre plus sur ce qu’il y a au-delà du ciel, cette théorie a attirée nombre de problèmes, surtout pour Galilée.

Cet homme a été totalement humilié à soixante-dix ans, car, il dut prononcer à genoux l’abjuration de sa doctrine. Des années de travail réduit à néant, mais il n’a jamais cessé de croire en ses découvertes. D’ailleurs, la légende veut que, quand il s’est relevé, il ait frappé du pied la terre et aurait dit  » Et pourtant, elle se meut« . Phrase légèrement modifiée dans une version populaire qui prétend qu’il avait plutôt dit « Et pourtant, elle tourne« . Dans tous les cas, nous savons aujourd’hui toutes et tous que La Terre tourne et que ce n’est plus une chose à prouver.

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