Image d'une peinture de Marco Polo

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Marco Polo un marchand vénitien du treizième siècle

Que l’on soit jeune ou moins jeune, on a tous appris ce que Marco Polo à découvert, la Chine. En effet, à l’école, il fait partie des héros qui sont étudiés. Mais es ce que vous vous souvenez de sa vie ? Pour ma part, il est vrai que je m’en souvenais peu. Alors si vous êtes comme moi et que vous souhaitez le découvrir ou le redécouvrir, restez ici et plongé avec moi dans son histoire.

Un père absent

Marco Polo est né le 15 septembre 1254 dans une riche famille de commerçants voyageurs. Lors de sa venue au monde, son père, Niccolo Polo, réside avec son frère Matteo à Constantinople. À vrai dire, il n’y réside pas vraiment, il est en voyage d’affaires sur la route de la soie. Ils ont pour but de faire l’acquisition de différentes étoffes et autres produits. En effet, dans le temps, le fait d’avoir des vêtements en soie est une preuve de richesse.

À 5 ans, sa mère décède et, il est élevé par son grand-père Andréa Polo. Le jeune garçon aime être sur les quais à sentir les différentes odeurs. Gingembre, cannelle, poivre et bien d’autres ce mélange à la brise marine. Il aime aussi écouter les différents matelots parlés entre eux dans différentes langues.

Le retour du père Polo

Le père et l’oncle de Marco Polo, de part leur voyage se retrouvent via un enquêteur-messager de Kubilai à rencontré ce dernier. C’est un empereur qui aime échanger avec d’autres personnes étrangères. Cela lui permet d’apprendre nombre de choses sur ce qu’il se passe en dehors de son royaume, la culture, le commerce, la nourriture, etc. C’est donc avec sympathie qu’il accueille les deux hommes.

Après avoir longuement parlé notamment de philosophie et de religion, en effet l’empereur, étant le fils d’une femme turque chrétienne nestorienne, Sogarqtani. Il charge les deux compères de retourner en Italie et de lui faire envoyer, par le pape, 100 savants afin qu’ils enseignent le christianisme. Ils devront aussi lui ramener un peu d’huile de la lampe qui ce situe devant le Saint-Sépulcre.

L’empereur leur donne une plaque en or gravée de ses armoiries. Ainsi, ils seront protégés et pourront manger à leur faim, boire à leur soif, trouver un toit pour dormir et ne manquer de rien. Les deux frères arrivent à Naples en 1269. Cependant, une fois sur place, ils apprennent que le pape est mort. Il leurs est donc conseillé de retourner à Venise en attendant que le nouveau soit élu. Lorsqu’il y arrive, Niccolo apprend que sa femme est morte. Il voit pour la première fois son fils qui a maintenant quinze ans.

image d'une statue de Kubilai Khan
Statue de Kubilai Khan.

Le voyage de Marco Polo

Ce n’est qu’en 1271 que Marco, son père et son oncle quitte Venise pour retourner en Chine. Les trois hommes s’y rendent à titre de commerçant, mais aussi d’ambassadeur. Quand ils arrivent à Saint-Jean-D’acres, le 1er septembre 1271, ils apprennent qu’un nouveau pape a été élu. Il y a tout de même fallu attendre deux ans pour ce faire. Deux Dominicains les accompagnent maintenant. Nicolas de Vincenza et Guillaume de Tripoli sont là pour mener une mission diplomatique au nom du pape. Ils sont chargés de cadeaux. Cependant, à cause de rumeurs de guerre, ils prennent peur et abandonnent l’expédition à Lajazzo, aujourd’hui appelée Yumurtalik, un district de la province d’Adana en Turquie.

À partir du comptoir vénitien de l’Ayas situé dans cette même ville, ils emprunteront la plus septentrionale des routes de la soie. Le voyage durera trois ans, années ou les trois compères verront beaucoup de choses. Ils seront en extase devant les restes de l’arche de Noé et s’interrogeront sur une source d’huile qui avait le pouvoir de guérir les maux, l’urticaire de chameaux, etc. En fait, c’était une source de pétrole.

Différents lieux visités par les Polo

En Perse, ils exploreront Saveh, potentielle ville d’où les rois mages partirent pour apporter des cadeaux à l’enfant Jésus qui vient de naître. Marco dira d’ailleurs qu’il a vu les corps des rois dans leur sépulture. Ceux-ci étaient encore entiers et portaient cheveux et barbe.

En Afghanistan, Marco tombe malade. Cette maladie durera une année. Il s’en remettra dans les hautes montagnes du Pamir. Des bornes ainsi que des os de moutons permettront à Marco, Niccolo et Matteo de tracer leur chemin. Celles-ci ont été utilisées par des précédents voyageurs. Dans ces montagnes, ils feront la rencontre de moutons appelés Ovice ammon polii, le mouton de Polo.

Quand Kashgar est atteinte, l’on peut voir des cultures de cotons, de lin, de chanvre, des arbres fruitiers et aussi de la vigne. Quelque temps, après, ils arrivent à Ganzhou. Ils y resteront un an. Là, Marco s’intéressera au bouddhisme. Il y apprendra le ouïghour une des cinq langues avec le Mongol, le chinois, l’arabe et le persan qu’il maîtrisera en plus de sa langue natale.

En Automne 1275, alors qu’ils sont encore à quarante jours de la ville de Shangdu, arrivent des messagers de l’empereur. C’est après trois ans de voyage que le trio sera reçu dans la magnifique cour mongole. Elle serait située prés de Cambaluc. Acclamés, les trois hommes s’allongeront littéralement devant le grand Khan. Ce dernier les relèvera aussi tôt et demandera des informations de leur voyage.

Image d'une carte de l'ancienne république de chine au temps de Kubilai Khan
Carte représentant l’ancienne république de Chine au temps de Kubilai Khan.
1626.

Au service de l’empereur

Marco Polo fut tout de suite apprécier par le Khan, il commença donc à lui confier quelques missions. Par la suite, il deviendra enquêteur-messager et sera rattaché au palais impérial suzerain de la Chine, de l’Iran ainsi que de la Russie. Sous cette casquette, il accomplira diverses missions pour Kubilai. Soit en Chine, soit dans les pays de l’Océan Indien comme la Corée, la Birmanie, Sumatra, Cambodge et le Vietnam. Il en fera aussi sur l’île de Cypango, une île protéger par le dieu du vent. Cet archipel est appelé aujourd’hui le Japon. Mais cela ne sera mentionné que par ouï-dire. D’ailleurs à Sumatra, il verra des animaux à cornes. Il les appellera des licornes, mais ce n’est rien d’autre que des éléphants et des rhinocéros.

Un homme curieux

En 1284, cela fait 9 ans que Marco Polo sert l’empereur. À Ceylan, aujourd’hui le Sri Lanka, il voit de nombreuses pierres précieuses, des émeraudes, des saphirs, des topazes et d’autres. Cependant, c’est un gros rubis qui attire son attention. Il est détenu par le roi et l’empereur souhaite l’acheter. L’homme essayera de le convaincre, mais le souverain refusera et le grand Khan ne l’obtiendra jamais.

De par ses voyages aux services de Kubilai, l’homme a pu assouvir sa soif de curiosité. Et sur son carnet qu’il l’accompagne toujours, il décrit tout ce qui peut voir où entendre. Il accorde une attention particulière aux affaires politique et économiques de l’empire mongol, la poste, la monnaie, les mécanismes de prix, etc. Son intérêt va aussi sur les pierres précieuses telles que des topazes, des lapis-lazuli, les perles et d’autres.

Avant tout marchand, il s’intéressera aux épices. De la cannelle en passant la noix de muscades ou encore différentes sortes de poivres n’en sont que quelques-unes. Les tissus de différents types l’attire aussi.

Nous avons vu plus haut qu’il savait parler plusieurs langues, mais ce n’est pas tout, Marco, maîtrise quatre systèmes d’écritures. En bon ethnologue, il porte un intérêt pour les pratiques sociales et religieuses d’Extrême -Orient. Il découvrira le bouddhisme lamaïsme, le taoïsme, l’islam ou encore les religions dérivées du christianisme. En résumé, il s’intéresse à tout et partagera ce qu’il a pu découvrir avec Kubilai Khan. Ce dernier aimait l’entendre raconter ses voyages.

Image d'une carte représentant les potentiels trajets de voyage de Marco Polo
Potentiels trajets utilisés par Marco Polo lors de ses voyages.

Le retour de la famille Polo

Malgré tous les avantages que Marco, Niccolo et Matteo ont par l’empereur, un manque de leur terre natale apparaît. Ils veulent y retourner. Cependant, Kubilai Khan, les appréciant, refuse. Il faudra attendre 1291 pour qu’ils puissent repartir, mais ils devront accomplir une dernière mission, escorter la princesse bleue. Nommée Kokejin, elle est âgée de dix-sept ans et doit se rendre en Iran pour épouser le petit-neveu de Kubilai, l’ikhan Argoun. Il vient de perdre sa femme. Sur son lit de mort, cette dernière à formuler un ultime souhait, que son mari, épouse une femme issue de la même tribu qu’elle. La tribu mongol du Bayaut. Le troisième plus grand groupe ethnique des Mongols. Le voyage sera tumultueux et en hiver, toute l’équipe sera bloqué à Sumatra pendant cinq mois à cause de la moisson.

Lorsqu’ils arrivent à Ormuz en 1293, une ville à l’entrée du golfe persique, ont leur annonce que l’ikhan Argoun est mort. La princesse épousera donc son fils, le nouveau roi. Ils arrivent à Venise en 1295 après vingt-quatre ans de voyage. Les trois hommes sont méconnaissables. Il est d’ailleurs dit que lors de leur retour Marco Polo était habillé en mongol et rapportait de nombreux rubis, émeraudes, saphirs, etc. Toutes ces richesses donneront un nom à la maison de ce dernier, le palais des millions. Enfin, ils peuvent se reposer. Ce sera de courte durée car, un an plus tard, la guerre éclate entre Gênes et Venise.

Image représentant une peinture de la princesse Kokejin
Peinture de Kokejin. Clara de Bobes. Huile sur toile. 81 x 116 cm.
Sources: saatchiart.com

Le livre des merveilles

Afin d’aider sa ville à gagner, Marco Polo arme en 1296, à ses frais, une galère et participe à la bataille de Curzola. Or, il sera arrêté lors d’une escarmouche au large de La Turquie entre Adana et le golfe d’Alexandrette. Il sera emprisonné pendant trois ans. Là, les souvenirs qu’il a d’Orient ne cessent d’intéresser de plus en plus de prisonniers. Il décidera donc de les mettre par écrit. C’est son compagnon de cellule Rustichello de Pise qui s’y attellera. Dedans, sera raconté tout ce qu’il a pu voir pendant son périple dans l’empire Mongol. Il ne ce gênera pas d’embellir certaines choses.

Ce livre sera appelé Le Devisement du monde. Cependant, par la suite, il aura d’autres noms. Ce recueil décrira les villes, la nourriture, la religion et tout autre événement se passant là-bas. De par cet ouvrage, il n’apporte pratiquement jamais de jugement et adopte un ton neutre néanmoins agrémenté d’une certaine sensibilité à la diversité des sociétés.

Lors de sa sortie de prison en 1299, quand la paix entre Gêne et Venise est signé, il fait publier son œuvre. Ça devient un vrai best-seller. Notamment lu comme un récit fantastique, il apporte des informations à la population sur l’Asie et ce qui s’y trouve. Avant que le texte original ne soit perdu, le livre a pu être édité en plusieurs langues et sous différentes versions. Il y aura des changements volontaires ou non qui seront fait ce qui dénaturera le texte original et mettra en doute sa véracité. Toutefois, il sera le compagnon de Vasco de Gama ou encore Christophe Colomb. Environ cinquante ans après la mort de Marco Polo, ce livre modifiera légèrement la carte du monde.

Image d'une édition du livre des merveilles de Marco Polo
Couverture d’une des nombreuses éditions du livres des merveille. Éditions Hatier.

La fin du voyage de Marco Polo

Après que l’homme soit sortit de prison, sa fortune, de par les ventes de son livre augmentera énormément. Il offrira donc un foyer plus que convenable à sa femme Donata Badoer. Ensemble, ils auront trois filles Fantina, Bellela et Moreta. Il existerait cependant une quatrième fille qui porterait le nom d’Agnese Polo. Enfant qu’il aurait peut-être eu pendant une précédente relation, mais sur ce fait, rien n’est sûr.

Le 8 janvier 1324, tombé malade, il dicte son testament. Il y sera indiqué des dons de plusieurs sommes à différents organismes comme des guildes ou il est membre ou encore des couvents. De plus, il libère Pierre son serviteur et lui paye 100 lires. Il meurt ce même jour à l’âge de 70 ans.

Sa sépulture sera mise dans l’église San Lorenzo avec celle de son père. Cependant suite aux différentes restaurations de l’édifice, il n’y a plus aucune trace de sa tombe. Il est dit que grâce à ses voyages, aux pierres précieuses qu’il a ramenées et aux ventes de son livre, il était l’un des marchand les plus riche d’Italie. Or, son testament permet d’estimer une fortune de 10 000 ducats qu’il aurait laissée. Au vu de cette somme, il n’est donc pas placé parmi les marchands les plus riches de Venise.

Image de la basilique de San Lorenzo à Florence. Sépulture de Marco Polo
Basilique de San Lorenzo, située à Florence. Sépulture de Marco Polo.

Conclusion

Nombre de marchands avant Polo ont foulé les terres de l’empire Mongol. Mais Marco de par son livre des merveilles racontant son voyage et la vie de l’empereur Kubilai Khan à obtenue une certaine notoriété. S’il n’avait pas écrit cet ouvrage peut-être n’aurions nous jamais entendu parler de cet homme. Il serait tombé dans l’oubli comme la plupart de ses prédécesseurs ou successeurs.

Néanmoins, l’on peut voir que les Polo, via ce livre, étaient grandement appréciés de l’empereur, surtout Marco qui lui décrivait toutes ses découvertes. D’ailleurs, Kubilai lui à dit un jour que parmi toutes les villes qu’il a décrite, il n’a jamais parlé de sa ville natale. À ça, l’homme lui répondit que dans chaque présentation qu’il a faite, il y avait toujours un peu de Venise.

Image des armoiries des Polo. 3 corbeaux sur un fond jaune et rouge.
Armoiries des Polo
Auteur: GJo. Source: Wikipédia.

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